Assurer l’égalité des genres, un enjeu de développement pour la Côte d’Ivoire !

Les femmes représentent 49% de la population ivoirienne. Face à ce chiffre, il est indéniable que le développement de la Côte d’Ivoire ne se fera pas si nous ne garantissons pas une place importante aux Ivoiriennes.

Au-delà des considérations sociales et de justice importantes, l’égalité des genres est une question sociétale. Elle nous interroge sur le type de société dans laquelle nous voulons vivre. L’égalité des genres nous interroge sur l’héritage que nous souhaitons laisser aux prochaines générations. Pour ma part, je serai un artisan d’une Côte d’Ivoire qui offre autant d’opportunités à ses filles qu’à ses fils. Pour consolider nos acquis, nous devons davantage agir à tous les niveaux : améliorer constamment l’environnement socio-culturel, renforcer le cadre politique et légal et moderniser nos mécanismes institutionnels.

La place des femmes dans l’équilibre social ne fait plus aucun doute. Pourtant, leur rôle ne saurait uniquement se limiter à un apport familial. La Côte d’Ivoire a connu tout au long de son histoire des femmes qui ont su démontrer leur courage, leur savoir-faire et leur leadership. Aujourd’hui, le peuple Baoulé tient son nom du cri d’une mère courageuse et meurtrie. En effet, après l’immolation de son fils, la Princesse Pokou aurait crié « Ba-ouli » ce qui veut dire « l’enfant est mort ». En 1949, lorsque les pères de l’indépendance étaient emprisonnés à Bassam, ce sont les femmes qui ont marché pour libérer les leaders de l’époque. Leurs noms et leurs actions sont aujourd’hui trop peu célébrés. Pourtant, ce jour de décembre 1949, ces femmes ont incarné la droiture et la morale. Dans le commerce également, les femmes ivoiriennes ont longtemps été à l’avant-garde. Les grossistes de certaines filières agricoles sont jusqu’à présent des femmes aux sens des affaires confirmé et au leadership avéré.

Vous l’aurez compris, mon combat pour l’égalité des genres n’est pas un acte de charité ni même une action pour aider des êtres prétendument plus « vulnérables ». Il s’agit d’un

égalité des genresengagement entier auprès des femmes qui ont toujours lutté pour l’amélioration de leur condition et de celle de la société entière. Souvent, les femmes ont repris le flambeau et ont avancé lorsque certains hommes battaient en retraite ou se laissaient submerger par la peur. De nombreux épisodes de notre histoire, comme celui de Bassam en 1949, le prouvent.

Il y a également un sens économique à combattre pour les inégalités des genres. Résoudre les questions d’inégalité des genres permettrait d’accroitre le PIB mondial de 12 000 milliards de dollars US. L’égalité des genres en Afrique rapporterait 300 milliards de USD. Soit une augmentation de 12% du PIB de l’Afrique.

Alors, pour bénéficier des avantages l’égalité des genres en Côte d’Ivoire, poursuivons nos efforts. La Côte d’Ivoire a ratifié la plupart des instruments internationaux reconnaissant aux femmes et aux hommes l’égalité en droits et en devoirs et interdisant toute discrimination à l’égard des femmes. Nous devons continuer et promouvoir l’application effective du cadre juridique existant relatif à la protection des droits des femmes, notamment en matière de justice suite aux violences. Ces actions doivent être accompagnée de programmes d’éducation qui assurera un changement durable. Une condition indispensable pour le développement de la Côte d’Ivoire.