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La création de richesses durables passera par la transformation de nos matières premières !

À plus d’un titre, l’agriculture est un secteur clef pour la Côte d’Ivoire. Economiquement, le secteur de l’agriculture représente environ 20% de la richesse produite par la Côte d’ivoire. C’est également près de 50% de nos exportations globales. Socialement, plus de 40% de la population active ivoirienne travaille dans l’agriculture tandis que le secteur est une source de revenus pour les deux tiers de la population ivoirienne. Démographiquement, plus de 50 % de notre population vit en zone rurale. Même s’il ne faut pas faire une confusion entre rural et agriculture, force est de constater que l’agriculture est le poumon de nos zones rurales.

Avec cette situation, il n’est pas surprenant d’entendre régulièrement que le succès de notre pays repose sur l’agriculture. Nos ressources sont innombrables. La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, de noix de cajou et le 3ème producteur mondial de café. Nous devons tirer davantage profit de ces positions. Pour cela, nous devons progressivement transformer nos matières premières agricoles en produits finis. Il est important que nous favorisions la consolidation de la chaine de valeur locale.

La chaine de valeur du Cacao nous démontre l’urgence à laquelle nous faisons face. De nombreux produits sont issus de la transformation des fèves de cacao ivoiriennes. L’un des plus emblématiques reste le chocolat. Sur le prix d’une tablette de chocolat, seul 7% du prix revient aux producteurs, 6% au transport et aux taxes et 8 % au broyage et à la transformation. Ainsi, le fabricant et le distributeur se partagent quant à eux 79% du prix d’une tablette de chocolat. Il est clair que nous devons permettre aux acteurs économiques ivoiriens de transformer le cacao et le distribuer. Cela créera plus de richesses et plus d’emplois.

Des efforts ont déjà été faits pour la croissance de la transformation des matières premières en Côte d’Ivoire. Entre 2010 et 2016, le gouvernement a multiplié les dépenses dans le

Cacao3secteur de l’agriculture par 4. La plus forte hausse derrière les infrastructures routières. Cela a notamment profité au secteur du coton mais également à la relance du projet soja, pour ne citer que ces deux exemples.

Vous l’aurez compris, pour le développement d’une filière de qualité, le rôle de l’État est central. Non seulement pour fournir un cadre macroéconomique solide et favorable, mais aussi pour influer sur les autres facteurs qui permettent la structuration d’une filière.

Pour cela, l’éducation et la formation va permettre à nos planteurs de devenir plus productif. Alors que le rendement du cacao en Afrique est de 0,6 tonnes/hectare, nous pourrions avoir un rendement de 1,3 tonnes/hectare si nous étions au niveau des meilleures pratiques internationales. Une plus grande production implique également de résoudre la question des pertes post-récolte. En Afrique, près de 50 % des récoltes sont perdues sans qu’elles n’aient quitté le lieu de la récolte. L’offre ne rencontre pas la demande. Pour cela, une meilleure chaine logistique doit voir le jour, soutenue par des infrastructures de pointe. L’effort entamé depuis quelques années doit être amplifié. L’implantation d’usines de transformation dans le domaine agro-alimentaire doit devenir un événement habituel dans la vie économique ivoirienne. Notre pays ne s’en portera que mieux !


Assurer l’égalité des genres, un enjeu de développement pour la Côte d’Ivoire !

Les femmes représentent 49% de la population ivoirienne. Face à ce chiffre, il est indéniable que le développement de la Côte d’Ivoire ne se fera pas si nous ne garantissons pas une place importante aux Ivoiriennes.

Au-delà des considérations sociales et de justice importantes, l’égalité des genres est une question sociétale. Elle nous interroge sur le type de société dans laquelle nous voulons vivre. L’égalité des genres nous interroge sur l’héritage que nous souhaitons laisser aux prochaines générations. Pour ma part, je serai un artisan d’une Côte d’Ivoire qui offre autant d’opportunités à ses filles qu’à ses fils. Pour consolider nos acquis, nous devons davantage agir à tous les niveaux : améliorer constamment l’environnement socio-culturel, renforcer le cadre politique et légal et moderniser nos mécanismes institutionnels.

La place des femmes dans l’équilibre social ne fait plus aucun doute. Pourtant, leur rôle ne saurait uniquement se limiter à un apport familial. La Côte d’Ivoire a connu tout au long de son histoire des femmes qui ont su démontrer leur courage, leur savoir-faire et leur leadership. Aujourd’hui, le peuple Baoulé tient son nom du cri d’une mère courageuse et meurtrie. En effet, après l’immolation de son fils, la Princesse Pokou aurait crié « Ba-ouli » ce qui veut dire « l’enfant est mort ». En 1949, lorsque les pères de l’indépendance étaient emprisonnés à Bassam, ce sont les femmes qui ont marché pour libérer les leaders de l’époque. Leurs noms et leurs actions sont aujourd’hui trop peu célébrés. Pourtant, ce jour de décembre 1949, ces femmes ont incarné la droiture et la morale. Dans le commerce également, les femmes ivoiriennes ont longtemps été à l’avant-garde. Les grossistes de certaines filières agricoles sont jusqu’à présent des femmes aux sens des affaires confirmé et au leadership avéré.

Vous l’aurez compris, mon combat pour l’égalité des genres n’est pas un acte de charité ni même une action pour aider des êtres prétendument plus « vulnérables ». Il s’agit d’un

égalité des genresengagement entier auprès des femmes qui ont toujours lutté pour l’amélioration de leur condition et de celle de la société entière. Souvent, les femmes ont repris le flambeau et ont avancé lorsque certains hommes battaient en retraite ou se laissaient submerger par la peur. De nombreux épisodes de notre histoire, comme celui de Bassam en 1949, le prouvent.

Il y a également un sens économique à combattre pour les inégalités des genres. Résoudre les questions d’inégalité des genres permettrait d’accroitre le PIB mondial de 12 000 milliards de dollars US. L’égalité des genres en Afrique rapporterait 300 milliards de USD. Soit une augmentation de 12% du PIB de l’Afrique.

Alors, pour bénéficier des avantages l’égalité des genres en Côte d’Ivoire, poursuivons nos efforts. La Côte d’Ivoire a ratifié la plupart des instruments internationaux reconnaissant aux femmes et aux hommes l’égalité en droits et en devoirs et interdisant toute discrimination à l’égard des femmes. Nous devons continuer et promouvoir l’application effective du cadre juridique existant relatif à la protection des droits des femmes, notamment en matière de justice suite aux violences. Ces actions doivent être accompagnée de programmes d’éducation qui assurera un changement durable. Une condition indispensable pour le développement de la Côte d’Ivoire.