Pourquoi soutenir la femme entrepreneure doit être une cause nationale

La semaine dernière, j’ai eu la chance de recevoir pour un live Facebook Mireille Kouadio, membre de l’association « Mys’Tic» qui soutient les projets des femmes dans l’entrepreneuriat. Je la remercie encore pour la qualité de notre échange qui nous ont permis de dresser un état des lieux de l’entrepreneuriat féminin en Afrique et en Côte d’Ivoire et d’insister sur son importance pour le développement de notre pays. L’entrepreneuriat féminin est un sujet qui me tient particulièrement à cœur pour deux raisons. Tout d’abord, j’ai toujours été un militant engagé en faveur de l’égalité femme-homme et du droit des femmes, que cela soit dans la sphère politique, économique ou sociale. Ensuite, d’un simple point de vue tiré de mon expérience du secteur privé, ne pas donner aux femmes les mêmes moyens de réussir sur le plan professionnel que les hommes
est un non-sens économique. Et les obstacles auxquels font face les femmes entrepreneures est emblématique à ce niveau.

Au cœur de l’expansion économique africaine actuelle, les PME et les start-up jouent un rôle essentiel. Compte tenu que la fonction publique n’embauche plus et que les grandes entreprises embauchent peu de gens par unité de capital investi compte tenu de leur productivité, soutenir le développement des PME et des start-up nous permettra de résorber le chômage et de contribuer de la meilleure des manières à une croissance économique inclusive et durable, avec l’émergence d’un véritable secteur privé africain. Les Africains l’ont parfaitement compris : on estime que 72% des jeunes africains sont attirés par
l’entrepreneuriat.

Et parmi eux, de nombreuses femmes ! Ce n’est pas étonnant, car en réalité, de nombreuses femmes africaines sont déjà des entrepreneures. D’après une récente étude qu’a réalisé le cabinet Roland Berger pour l’association Women In Africa (« Women in Africa entrepreneurship : a path to women empowerment ? », septembre 2018), un entrepreneur sur quatre en Afrique est une femme, soit le taux le plus élevé au monde ! Je ne nie pas les difficultés auxquelles elles font face et la disparité des situations que cache ce classement flatteur, mais je tiens à souligner que les femmes africaines dépassent déjà souvent les obstacles qui leur sont opposés et c’est pourquoi elles sont admirables et ont tout mon respect.
Les principaux obstacles pour les femmes souhaitant se lancer puis développer leur activité sont la pauvreté des infrastructures, le manque de formation digitale et la difficulté pour trouver des financements. Nous devons donc agir sur ces trois leviers afin de rendre l’entrepreneuriat attractif auprès des femmes et les encourager à créer leur entreprise. En parallèle, nous devons créer des incubateurs, convaincre les investisseurs du potentiel de ces femmes entrepreneurs, accompagner la structuration des réseaux d’entrepreneuriat féminin…

L’une des grandes faiblesses des pays africains est l’absence d’investissement dans le capital-humain. Or nous savons tous que le potentiel économique des femmes est sous- utilisé en Afrique et en Côte d’Ivoire, ce qui est une erreur dramatique. Le pays africain qui choisira de placer parmi les priorités de son agenda politique l’émancipation et la contribution des femmes au développement socio-économique sera la grande puissance de demain.

Ensemble, faisons que ce pays soit la Côte d’Ivoire.

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