Cap sur la Côte d’Ivoire de demain

Cap sur la Côte d’Ivoire de demain

Pas un jour ne se passe sans que je ne pense avec fierté au travail accompli par nos concitoyens ces dernières années. Traumatisé par la guerre civile, déchiré par l’instabilité politique durant une décennie perdue, le peuple ivoirien a su depuis 2012 remettre notre pays sur les rails de la croissance économique et du développement, de la fierté nationale.

L’union sacrée était indispensable face à la lourde tâche qui incombait au gouvernement, et plus largement à l’ensemble des Ivoiriens, puisque le pays était à reconstruire. Et aujourd’hui, l’objectif est en partie atteint, les plus optimistes parlant même de « triomphe de l’éléphant », compte tenu du taux de croissance de 8% en moyenne depuis 2012 de notre économie. La gouvernance et le leadership du président Alassane Ouattara ont produit des effets concrets sur la situation économique et sociale du pays.

La Côte d’Ivoire aux portes du paradis ?

Dans son dernier rapport de février 2018 sur la Côte d’Ivoire intitulé « Aux portes du paradis », la Banque mondiale constate la bonne performance de l’économie ivoirienne.  Si les effets de rattrapage de la sortie de crise se dissipent, la Côte d’Ivoire a prouvé sa résilience, notamment grâce au rebond de l’agriculture et à d’importants investissements publics. Mais l’institution insiste sur le fait que le retard technologique pris par notre pays est un véritable frein au développement. Afin de devenir un véritable pays émergent, ce bond technologique est indispensable afin notamment d’augmenter la productivité du travail et du capital.

De plus, le niveau actuel du revenu par habitant reste aujourd’hui encore inférieur à celui du début des années 1980. Au-delà du drame humain que représentent les emplois précaires et l’extrême pauvreté, la Côte d’Ivoire ne pourra voir son économie se développer sans de véritables efforts d’investissement dans le capital humain.

La nécessité d’investir dans l’éducation et la santé

Si la Côte d’Ivoire est souvent citée comme la « locomotive de l’Afrique de l’Ouest », nous restons pourtant dans le wagon de queue dans les domaines de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Lors de l’évaluation de 2013 des connaissances des élèves effectuée par la Francophonie, la Côte d’Ivoire se situait au fin fond du classement, à la 41e place sur 44 pays évalués. En 2015, le taux d’achèvement du primaire se situait à 63,1 % en Côte d’Ivoire contre 72,6 % en moyenne dans le reste de l’Afrique. Or quel pays peut affirmer avoir des ambitions pour demain s’il n’offre pas à sa jeunesse les moyens d’apprendre et de réussir ?

Dans le domaine de la santé publique, nous faisons également face à de nombreux défis : désorganisation des services, sous-effectifs, vétusté des équipements, déficit financier… C’est pourquoi très logiquement le système de santé ivoirien apparait parmi les vingt les moins performants au monde dans plusieurs classements internationaux. Avec un ratio de seulement un médecin pour 6 000 habitants, nous ne pouvons pas prétendre pouvoir soigner chaque Ivoirien avec dignité et efficacité.

C’est aujourd’hui que se prépare demain

Technologie, éducation et santé doivent être désormais nos trois priorités pour mettre la Côte d’Ivoire en route vers l’émergence. Afin de réussir la transformation économique et sociale de notre pays, nous devons pleinement associer la jeunesse à l’élaboration et à la décision de nos politiques publiques. Pour rendre notre développement toujours plus inclusif dans tous les territoires, la décentralisation reste le meilleur outil pour être au plus proche des besoins des citoyens. Le dynamisme du secteur privé doit être soutenu à travers un cadre fiscal favorable pour les investissements et les embauches.

Je m’engage pour notre pays car je crois au destin singulier de la Côte d’Ivoire. Sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, les valeurs d’unité et de prospérité rassemblaient tout notre pays. Il est temps de faire fructifier cet héritage et qu’il bénéficie à tous les Ivoiriens. Lors de mes échanges avec nos concitoyens, je sens le vent du changement qui souffle dans les esprits, l’envie d’une forme de renouveau politique, confirmant que le temps des réformes est venu. L’élection de 2020 doit permettre pour cela à tous les Ivoiriens de participer à un grand débat national pour faire émerger les meilleures idées pour la Nation. C’est ainsi que nous permettrons la réussite de chacun et bâtirons notre succès collectif.